Un vignoble pour mes demi-griffons

En préparation pour un tournoi 9e Age prévu fin janvier, j’ai choisi de consacrer du temps à la réalisation des socles de mes demi-griffons, en attente depuis quelques mois.

Le socle est assez large, et le demi-griffon placé au centre (contrairement au tank à vapeur sur le sien) laisse pas mal de place autour de lui. L’idéal pour ajouter à « In vino veritas » le vignoble de mes rêves !

Idéalement, si je pouvais arriver à ça, avec la lumière et tout…

Vivant en Bourgogne, terre de vignobles, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de me balader à flanc de coteau entre les ceps. Les vignes en automne, c’est juste magnifique. Deux observations : les vignes sont très régulièrement alignées selon un axe, laissant entre deux rangées une elle relativement propre.  les vignes ont de petits pieds trapus et biscornus taillés chaque année, et ce sont les branches annuelles qui montent haut et portent feuilles et fruits. En cela, elles sont plutôt « verticales », et grimpent à hauteur d’homme environ.

Pour des raisons « pratiques », j’ai un peu triché sur plusieurs aspects. D’une part, j’ai opté pour des vignes plutôt horizontales que verticales afin de ne pas trop masquer la figurine avec la hauteur. J’ai rapidement fait l’impasse sur les piquets pour des questions de réalisation : tenir compte des fils de fer tendus entre eux seraient un calvaire sans nom. On va donc dire que pour mes socles, nous sommes entre deux rangées à l’intérieur du lopin de terre, et que les vignes sont tellement fournies qu’on ne voit pas les fils tendus…

Le matériel

Relief

Pas besoin d’un grand relief sur ce socle (même si on aurait pu imaginer une légère pente au long des trois socles histoire de leur donner une continuité intéressante). Néanmoins, j’ai prévu de former de légers monticules délimitant des axes selon lesquels les vignes vont s’aligner (deux par socle, soit six en tout). Gros avantage : cela donne de la hauteur dans laquelle je peux « planter » mes ceps de manière stable.

Le carton plume est découpé d’abord en rectangles, puis retouché dans son épaisseur. J’ai enlevé l’entièreté de la plaque supérieure, et taillé une pente douce de part et d’autre. J’ai ensuite « lissé » le relief au milliput.

A noter que les axes des monticules ne sont pas exactement au tiers : j’ai un peu triché en les poussant vers le bord afin de laisser de la place à la figurine.

Une vigne : mode d’emploi

Avec trois vignes par rangée, deux rangées par socle et trois socles, pensez à prendre une demi-journée pour arriver au compte. Côté méthode, ma technique s’inspire de vidéos de décors de trains électriques.

Le pied et les branches

La base est un câble de fil multibrins dénudé à une extrémité. De la même manière que lorsque l’on créé un arbre en fil de fer, il est important d’avoir plusieurs brins pour former des branches d’abord épaisses, puis de plus en plus éparses et former un ramage assez dense. Je suis parti sur du douze brins, ce qui après coup me paraît trop peu. Pour base pour mes vignes, j’ai débité le fil en segments d’environ 4-5 cm, et dénudé la moitié.

De la même manière que je ferais une racine ou une souche, j’ai modelé autour de la base non dénudée du fil les ceps au milliput et les ai hachurés au scalpel. L’écorce d’un sep étant très creusée, j’ai assez appuyé les sillons. Par contre, il est assez difficile dans cette configuration de modeler un tronc biscornu de manière réaliste. Je me suis contenté de pieds trapus et droits, qui vont de toute manière être bien recouverts par le feuillage.

Le feuillage

Une fois les différents brins du pied dépliés progressivement en branches de plus en plus fines (étirées vers l’horizontale et non pas la verticale), j’y fixe une boule assez dense de polyfibre (Woodland scenics). L’idée est de fournir une base qui simule la ramure sur laquelle les feuilles sont fixées. Un bon coup de colle en spray sur l’ensemble, et il suffit de plonger le tout dans mon tas de feuilles pour les fixer à ma vigne.

Pour créer les feuilles en elles-mêmes, j’utilise la technique « du shaker » : des graines de bouleau au fond d’un pot, dans lequel j’injecte un jus coloré et que je secoue ensuite énergiquement. Pour les feuilles automnales des vignes, j’ai opté pour du Mephiston red (GW), ainsi qu’une teinte plus claire. Ce n’est pas grave du tout si les feuilles ne sont pas d’une coloration homogène : le jaune naturel de la graine séchée sied tout à fait pour retranscrire le processus de « rougissement » progressif de la feuille de vigne au fil de la saison.

Les grappes de raisin

Nous sommes à l’automne, et le raisin est plus que mûr (on serait plutôt en vendanges tardives). Je n’ai pas trouvé mieux que des morceaux de flocage de type « mousse » pour simuler un ensemble (très petit à notre échelle) de boules liées entre elles. Pour leur donner la couleur adéquate, j’ai aspergé des flocons de mousse de lavis violet (Druchii violet de GW), répété au moins deux fois l’opération après séchage pour bien les imprégner en profondeur. Les flocons pouvant facilement se coller entre eux au séchage – ou la peinture former des croûtes -, les remuer une fois de temps en temps pendant le séchage ne fait pas de mal.

Il n’y a plus qu’à assembler le tout !

 

Assemblage

Avant de placer mes vignes, mieux vaut terminer le sol – c’est bien plus simple pour la peinture. Pour simuler la terre, j’ai pour habitude d’enduire le relief de colle et de saupoudrer de sable fin et de plus gros graviers. Je peints le sable en brun très dilué (Mourfang brown) et éclaircis localement. Je n’ai pas peint le gravier pour conserver sa couleur naturelle de calcaire. Rien qu’une touche de lavis brun suffit à le salir juste ce qu’il faut.

Pendant l’opération, il faut penser à bien préserver Les emplacements des pieds de vigne préalablement perforés dans le carton plume. Il ne reste alors qu’à emboîter à la pince à épiler les pieds dans les creux avec un point de colle. Le feuillage étant assez fragile, attendez-vous à en mettre un peu partout… Il se peut que certaines zones du feuillage se clairsèment à force de mouvement, auquel cas un point de colle PVA très placé et un saupoudrage de feuilles feront une bonne rustine.

Il est plus simple de fixer les grappes à cette étape-là (elles peuvent se décrocher hélas trop facilement), à l’aide d’une pince à épiler. Et voilà le travail !

 

Si c’était à refaire…

Le rendu est satisfaisant et fait son effet, je retiens cependant après coup quelques pistes d’amélioration :

  • Il y aurait probablement moyen de mieux former les feuillages, qui sont assez massifs par cette technique.
  • La fragilité des feuillages est un problème. Même en manipulant les figurines avec soin, vous sèmerez des feuilles un peu partout sur la table de jeu.
  • Il y a probablement un peu mieux à faire pour la couleur des feuilles.

Il ne me restera plus qu’à réaliser les bannières, le jour où je saurais quoi en faire…

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