« Barrez-vous de mon champ ! »

Voilà très longtemps que j’aurais dû faire ce billet. Il est question aujourd’hui d’un travail que j’ai effectué en octobre dernier, mais que j’avais laissé dans un coin en vue de quelques finitions – effectuées seulement cette semaine. Il s’agit de mon tout premier diorama, réalisé pour le concours de peinture de mon magasin Games Workshop local, sur le thème « Halloween ». Il s’agit d’un petit manoir de campagne, dérangé par des individus indésirables…

La vaste majorité des éléments a été fabriquée par mes soins.

Je voulais partir à la base sur une auberge, avec une cheminée, une enseigne, un accès arrière vers une cave… Pressé par le temps, j’ai dû revoir mes objectifs à la baisse pour me concentrer sur l’essentiel – c’était un exercice tout nouveau pour moi. Dans tous les cas, je voulais absolument un design assez vertical avec une toiture biscornue, pas franchement réaliste mais pleine de charme.

Les fondations de la maison sont en polystyrène extrudé, les cloisons en carton plume, les poutres en balsa. Je me suis vite rendu compte que créer des ouvertures arrondies n’était pas simple du tout. Faire des encadrements de fenêtre arrondis encore plus. J’ai dû jouer sur la malléabilité d’une tranche de planche de balsa pour essayer de m’approcher au maximum du demi-cercle avec de nombreux échecs.

La porte est un simple assemblage de balsa agrémenté d’un heurtoir en green stuff et des éléments de ferronnerie en carton fin. Pour les fenêtres anciennes, j’ai dû acheter un demi-mètre carré de tulle argenté pour en extraire quelques carrés peints en couleurs métalliques. Le tout est collé sur une feuille plastique noire assez translucide, ce qui occulte la vision à l’intérieur et apporte un peu de réflexion à la lumière. J’ai compris plus tard qu’enduire ce plastique de colle PVA renforce plutôt bien l’aspect brillant sans pour autant « salir » le résultat.

Pour sculpter le polystryène, je n’avais à ma disposition qu’un cutter et un crayon de papier, avec lequel j’ai enfoncé le matériau : ce n’est pas une excellente idée, le rendu est médiocre. Une fois les différentes parties assemblées et les poutres collées, j’ai réalisé le crépi avec le produit « Terre naturelle » de Prince August FX, qui sert habituellement à faire les sols. La texture est tout à fait convenable pour cet usage, mais j’ai dû reprendre très souvent mes poutres tachées de résine. Côté couleurs, j’ai choisi un orange citrouille parfait pour Halloween, assombri de brun et éclairci de couleurs chair.

La toiture m’a demandé plusieurs jours à temps plein. Ma méthode n’est sans doute pas efficace. En effet, j’ai réalisé les tuiles d’ardoise à partir de bandes successives de carton fin assez souple dans lequel il est assez facile de découper au ciseau des formes de tuile ébréchées. La peinture minutieuse en quatre teintes de chaque tuile est ensuite encore plus chronophage. A quelques minutes par bande, multiplié par une vingtaine de bandes par face…

Le socle de la maison est aussi en polystyrène. J’ai utilisé pour le sol la même texture que pour le crépi.

L’étape la plus gratifiante est celle où l’on donne de la vie à l’ensemble de la structure. Les citrouilles proverbiales et leurs feuilles sont en green stuff, l’épouvantail est constitué à partir du vêtement d’un Milicien impérial. Quelques brossages à sec, quelques touffes d’herbe jaune, du flocage « hiver », et le tour est joué !

Il manquait deux ou trois finitions lorsque j’ai amené la maison à Games Workshop Dijon – feuilles de citrouilles, travail du crépi, dessous de toits, flocage herbe – mais c’était déjà bien suffisant pour remporter le petit concours purement honorifique. 🙂 Ce fut en tout cas très enrichissant et j’en ai tiré de très nombreux enseignements sur le travail de matériaux.

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